On peut voir Find X10 Pro Max comme étant le successeur spirituel du Find X9 Pro. Le constructeur inaugure au passage le suffixe « Pro Max », qui n’est pas sans rappeler celui d’un certain constructeur californien. La ressemblance ne s’arrête d’ailleurs pas là : avec ses transparences et ses reflets lumineux, l’interface ColorOS 17 a comme un petit air de Liquid Glass. Simple hasard, sans doute.
Les différences se trouvent principalement dans l’électronique, et plus particulièrement dans la partie photo. Le nouveau venu est ainsi le premier smartphone à embarquer trois modules dorsaux équipés de capteurs 200 Mpx coconçus avec Hasselblad. Sur la fiche technique, ça en jette, d’autant plus qu’OPPO promet monts et merveilles.
Disponible en France depuis le 21 octobre en gris titane et en blanc lune, dans une unique configuration 12/512 Go, il est vendu 1 799 €, quand le Find X10 « tout court » s’affiche à 1 299 €. Un empilement de mégapixels lui permet-il véritablement d’exister face aux ténors du marché, Samsung et Apple en tête ? Afin de le savoir, nous l’avons testé pendant cinq semaines.
- Écran superbe
- Autonomie de deux jours
- Module principal et téléobjectif excellents jusqu'à 10x
- Interface fluide et personnalisable
- Finition irréprochable
- Certifications IP66, IP68 et IP69
- Prix vraiment très élevé
- Ultra grand-angle en retrait par rapport aux reste
- Zoom IA au-delà de 20x pas toujours convaincant
- Bloatwares envahissants (App Market, Theme Store)
- Fonctions IA majeures absentes en Europe
Design & ergonomie : deux styles, deux ambiances
Pas de grosse révolution esthétique pour le Find X10 Pro Max, qui reprend le langage visuel sobre de la famille. Le cadre en aluminium mat, aux tranches plates et aux arêtes adoucies, offre une prise en main sûre et agréable. Le dos en verre au toucher velouté complète un ensemble à la finition irréprochable : rien ne grince, rien ne dépasse.
Avec ses 161,3 × 76,6 × 8,4 mm et ses 226 g, le Find X10 Pro Max n’est pas un poids plume. Il boxe dans la même catégorie que l’iPhone 18 Pro Max (163,4 × 78 × 8,75 mm ; 249 g), à la fois plus grand et plus lourd, tandis que le Galaxy S26 Ultra (163,6 × 78,1 × 7,9 mm ; 214 g) est lui aussi plus grand, mais plus fin et plus léger. Il se situe donc dans la bonne moyenne des grands formats haut de gamme.
Trois modules photo équipés de capteurs 200 Mpx, ça prend de la place. L’imposante caméra dorsale est assez proéminente. OPPO fait ce qu’il peut afin de l’intégrer au mieux, mais elle ne passe pas inaperçue.
Un peu plus qu’une question de teinte
Une fois n’est pas coutume, le choix de la couleur ne se limite pas à une affaire de teinte. Les deux versions proposées en France, gris titane et blanc lune, adoptent en effet deux dispositions légèrement différentes
Sur le modèle gris, les trois objectifs et le module « LUMO » (capteur multispectral et flash) sont réunis dans un bloc de verre unique qui se fond dans la coque arrière. Un sobre logo « OPPO » est gravé dans sa partie basse.
La version blanche joue la carte de l’appareil photo vintage. Les objectifs et le module LUMO forment deux îlots distincts, sans platine pour les relier. Le bloc principal voit ses flancs moletés et soulignés d’un discret liseré orange, clin d’œil aux bagues des objectifs Hasselblad. Le module LUMO arbore quant à lui une finition argentée mate. Le dos combine une surface lisse et un motif évoquant le tissu, tandis qu’une bande verticale, sur la gauche, affiche les logos OPPO et Hasselblad.
Malheureusement, cette différence n’est pas qu’esthétique : une coque de protection conçue pour une couleur ne s’adapte pas à l’autre. Avant d’acheter un accessoire, vérifiez bien sa compatibilité avec votre coloris. C’est particulièrement vrai pour le téléconvertisseur Hasselblad, dont la coque sert de support.
Robuste et bien équipé
Pour le reste, le Find X10 Pro Max ne fait pas de compromis sur la robustesse. Il est certifié IP66, IP68 et IP69 (il résiste aux projections d’eau chaude sous haute pression), ses deux faces sont protégées par un verre Crystal Guard co-développé avec Corning et il a obtenu une certification SGS cinq étoiles pour la résistance aux chutes
Le lecteur d’empreintes ultrasonique, logé sous l’écran, se montre rapide et fonctionne même avec les doigts mouillés. Sur la tranche gauche, on retrouve la Snap Key, un bouton personnalisable associé par défaut à AI Mind Space. Le bouton dédié à l’appareil photo de la génération précédente a en revanche disparu. Ceux qui l’utilisaient le regretteront peut-être, les autres ne s’en apercevront même pas.
Un écran irréprochable
Le Find X10 Pro Max embarque une dalle AMOLED LTPO de 6,78 pouces, affichant 2 772 × 1 272 pixels (450 ppp). Sa fréquence de rafraîchissement s’adapte entre 1 et 120 Hz selon le contenu affiché, et grimpe à 144 Hz dans certains jeux compatibles. Lesquels ? Mystère pour l’instant. Nous pensons que ce chiffre est surtout là pour faire joli sur la fiche technique. Mais vous le savez, nous sommes de très mauvaises langues
Cela dit, l’écran a tout d’un séducteur. Les bordures noires entourant la dalle ne mesurent que 1,15 mm sur les quatre côtés. Une réussite qui serait parfaite avec une caméra glissée sous la dalle et non pas dans un poinçon. Nous chipotons, car nous savons que la technologie n’est pas encore mature (Samsung l’a d’ailleurs abandonnée sur ses Galaxy Z Fold). On ne saurait en tenir rigueur à OPPO.
Lumineux et (presque) fidèle
La luminosité est de très bonne tenue. OPPO annonce un maximum de 2 000 nits en mode haute luminosité (3 600 nits en pic HDR local). Lors de nos tests, l’écran est resté parfaitement lisible, même en plein soleil
Le rendu des couleurs s’avère très satisfaisant. Le mode « Standard », activé par défaut, offre un rendu fidèle, quoiqu’un brin relevé à l’œil. Les modes « Naturel » et « Vif » accentuent le contraste et tirent davantage vers le bleu. Les couleurs sont gérées sur 10 bits, l’espace colorimétrique BT.2020 est couvert, tandis que le Dolby Vision est de la partie.
Performances : un sprinteur qui préfère garder la tête froide
Le Find X10 Pro Max est conçu autour du SoC MediaTek Dimensity 9600 Pro gravé en 2 nm. Il est épaulé par 12 Go de mémoire vive et 512 Go de stockage. Comme toujours chez OPPO, trois modes de fonctionnement sont proposés dans les réglages de la batterie : économie d’énergie, équilibré (le mode par défaut) et haute performance. Vous nous connaissez, on a voulu vérifier ce que chacun avait dans le ventre.
Une puissance de brute
En mode équilibré, il obtient 4 202 202 points au benchmark AnTuTu qui évalue la puissance globale. GeekBench 7 le crédite de 9 343 points en fonctionnement multi-cœur et 2 492 points en mono-cœur. Enfin, il récolte 7 698 points au test Wild Life Extreme de 3DMark Mobile. Le passage en mode haute performance ne change pas grand-chose : 4 303 852 points sous AnTuTu, 9 875 et 2 672 points sous GeekBench 7. Soit un gain de quelques pour cent, rien de plus
Côté intelligence artificielle, MLPerf Mobile refuse de fonctionner sur ce smartphone : le test va jusqu’au bout, mais n’affiche aucun résultat. Nous nous sommes donc rabattus sur AI benchmark, développé par l’ETH Zurich. Avec 26 935 points en mode équilibré, le Find X10 Pro Max a tout d’un tueur : il se hisse en tête du classement publié par les créateurs du test qui – il est vrai – n’intègre pas encore les derniers flagships.
Mode haute performance : un sprint sans lendemain
En mode équilibré, notre test de stress du processeur (20 minutes de charge continue) montre une baisse par paliers successifs, qui aboutit à 81 % de la performance maximale. Le stress test de 3DMark, qui enchaîne vingt passages du test Wild Life Extreme, conclut à une stabilité de 55,7 % : le score chute de 30 % dès le deuxième passage, puis se stabilise autour de 4 000 points.
En mode haute performance, le Find X10 Pro Max se comporte en sprinteur. Pendant 90 secondes, le processeur dépasse de 60 % le pic atteint avec le réglage par défaut, puis retombe brutalement à ce niveau et s’y maintient.
Dans les deux modes, la température relevée ne dépasse jamais 39 °C. Ce n’est donc pas la chaleur qui freine la puce, mais un choix fait par le constructeur, qui préfère la brider afin de conserver une meilleure autonomie et une chauffe limitée.
Sauf cas très spécifique (besoin de beaucoup de ressources de calcul pendant un temps réduit), il n’est pas utile d’activer le mode haute performance, le mode équilibré étant amplement suffisant.
Lors de nos tests, les jeux les plus exigeants ont tourné sans le moindre problème de fluidité en mode équilibré, et le téléphone n’a jamais chauffé de façon gênante. Pour l’usage quotidien, multitâche compris, la puissance disponible est largement suffisante.
Autonomie : deux jours sans trembler
La version européenne du Find X10 Pro Max dispose d’une batterie silicium-carbone de 7 150 mAh, contre 8 000 mAh pour le modèle asiatique. On ne le regrette pas vraiment, l’autonomie restant l’un des points forts du smartphone
En utilisation normale (réseaux sociaux, navigation web, messagerie, quelques photos et un peu de musique), il tient sans difficulté deux jours loin d’un chargeur.
En mode geek (streaming vidéo, séances photo et vidéo prolongées, jeux 3D), il faudra compter entre une journée et une journée et demie. Le bridage logiciel évoqué plus haut n’est sans doute pas étranger à cette belle endurance.
La charge filaire rapide peut atteindre 80 Watts avec le-chargeur-qui-va-bien (non fourni) et la charge sans fil jusqu’à 50 Watts à condition d’utiliser l’accessoire OPPO qui l’autorise. Avec le chargeur officiel, il nous a fallu une trentaine de minutes pour atteindre 50 % et 71 minutes pour arriver à 100 %, ce n’est pas si mal compte tenu de la capacité de la batterie.
Une interface réussie pour une IA à deux vitesses
Le Find X10 Pro Max tourne sous ColorOS 17, basé sur Android 17. OPPO promet cinq ans de mises à jour d’Android et six ans de correctifs de sécurité. C’est honorable, mais un peu en retrait face à Samsung et Google, qui s’engagent sur sept ans
L’interface adopte davantage de transparence et de jolis effets lumineux. Pour un peu, on pourrait la confondre avec le Liquid Glass d’Apple : sûrement un hommage à la créativité du Yankee. Quoi qu’il en soit, le résultat est très réussi.
Les animations s’enchaînent avec une fluidité remarquable et les possibilités de personnalisation sont nombreuses. ColorOS 17 gère aussi mieux la mémoire, puisque, d’après le constructeur, il garde plus de 25 % d’applications supplémentaires en arrière-plan, ce qui rend le passage de l’une à l’autre encore plus fluide.
On aimerait en revanche échapper aux bloatwares à ce niveau de prix. La plupart se désinstallent sans difficulté, mais deux d’entre eux se montrent redoutables : l’App Market et le Theme Store, les boutiques maison d’OPPO, qui ne peuvent pas être supprimées. Ouvrez-les une seule fois en leur accordant les autorisations demandées, et elles s’immiscent dans l’interface à grands coups de notifications. Un cauchemar, que l’on peut heureusement faire cesser en désactivant ces deux applications dans les réglages.
Une IA de plus en plus pertinente, mais amputée en Europe
L'IA prend une place prépondérante et devient de plus en plus pertinente. Baptisée AI Mind Pilot, elle réunit plusieurs modèles (Gemini, ChatGPT, Perplexity) et se tourne sans surprise vers les agents. Ils peuvent par exemple rechercher, classer ou renommer des fichiers, ou organiser des photos par lieu ou par personne, sur simple demande.
L’indexation des contenus se fait en local, ce qui limite les transferts de documents. Une autorisation explicite est demandée dès qu’une tâche doit envoyer des données à un service externe. La Snap Key, sur la tranche, permet de capturer en un geste ce qui s’affiche à l’écran afin de le conserver dans AI Mind Space, l’espace de mémoire personnelle d’OPPO.
Très bien, à un (très) gros détail près. Les fonctions que nous jugeons les plus intéressantes ne sont pas disponibles en France, ni plus largement en Europe. AI Photo Agent, qui permet de retoucher une image par simple consigne écrite ou d’imiter le style d’une autre photo, arrivera en Europe « ultérieurement » comme le précise le constructeur.
À moins d’un changement radical de fonctionnement, la capture de longs documents et de liens dans AI Mind Space ne sera pas proposée en Europe. En cause, une incompatibilité avec le RGPD. C’est d’autant plus dommage que ces deux fonctions étaient très attendues par les inconditionnels d’AI Mind Space.
Même punition pour AI Call Guard, qui détecte en temps réel les voix générées par IA lors d’un appel et les visages truqués lors d’un appel vidéo. Réservée pour l’heure à l’Indonésie, à l’Inde et à la Thaïlande, elle n’est pas prévue en Europe pour cause d’incompatibilité avec les lois sur la vie privée. À l’heure où les arnaques par clonage de voix se multiplient, c’est sans doute l’absence la plus regrettable.
Photo & vidéo : le triple 200 Mpx à l’épreuve du terrain
La caméra dorsale du Find X10 Pro Max est composée de trois modules :
- Principal : capteur Samsung ISOCELL HPC 200 Mpx (1/1,3″) ; objectif 24 mm ouvrant à f/1,5 ; stabilisation optique
- Ultra grand-angle/Macro : capteur Samsung ISOCELL HP5 200 Mpx (1/1,56″) ; objectif 13 mm ouvrant à f/2,2 ; autofocus ; mise au point minimale à 4 cm
- Téléobjectif/Macro : capteur Samsung ISOCELL HP5 200 Mpx (1/1,56″) ; objectif périscopique 70 mm ouvrant à f/2,1 ; zoom optique 3x ; stabilisation optique ; mise au point minimale à 10 cm
S’y ajoute un capteur multispectral « True Color Camera » chargé d’analyser la lumière ambiante.
La caméra frontale est quant à elle constituée d’un capteur Samsung ISOCELL JN5 de 50 Mpx (1/2,75″) et d’un objectif équivalent 18 mm ouvrant à f/2, avec autofocus. Plus large que sur la génération précédente (100° de champ), elle permet de caser davantage d’amis ou de décor dans le cadre. Les selfies sont détaillés et l’autofocus, toujours rare à l’avant, rend les vlogs plus confortables. Ajoutons enfin qu’elle filme jusqu’en 4K 60 i/s et passons aux choses sérieuses.
Trois capteurs de 200 Mpx au dos d’un smartphone, c’est une première. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce 200 + 200 + 200 marque les esprits. L’argument mérite pourtant d’être nuancé. Par défaut, le Find X10 Pro Max enregistre des images de 26 Mpx, de l’ultra grand-angle jusqu’au zoom 10x.
Au-delà, ou dès que la lumière baisse, il passe à 12,6 Mpx. Pour profiter des 200 Mpx, il faut activer le mode Hasselblad Hi-Res. En RAW, la définition plafonne à 50 Mpx : nous n’avons trouvé aucun moyen de dépasser cette limite et la documentation d’OPPO ne mentionne qu’un RAW MAX 50 Mpx.
Un capteur principal bridé par son Jpeg
En bonne luminosité, le module principal délivre des clichés d’excellente facture. La plage dynamique est étendue, les hautes lumières bien tenues et les détails abondants. Le zoom 2x « qualité optique » est un recadrage du capteur principal et produit un résultat tout à fait convaincant. Si on examine le résultat à 100 % sur un moniteur, on verra immanquablement un très léger lissage (notamment sur les feuilles d’un arbre), mais pas de quoi fouetter un chat.
Il est possible de shooter en 200 Mpx en activant le mode correspondant. Sur un sujet proche, statique et riche en motifs fins, le gain de détail est réel et autorise des recadrages spectaculaires. Sur un paysage, son principal apport est paradoxalement une perte de détail et l’on obtient de meilleurs résultats en RAW 50 Mpx.
Les p’tits gars d’OPPO promettent la Lune avec le moteur de rendu LUMO. Il serait ainsi plus proche de la réalité et même débarrassé des excès traditionnels de la photographie computationnelle.
Dans les faits, LUMO apporte un gain de qualité appréciable, mais pas aussi spectaculaire que ce qui a été promis. Les ombres sont largement débouchées : c’est super, mais ça aplatit le relief des scènes contrastées. Dès qu’une zone manque de lumière, le débruitage transforme les détails les plus fins en aplats façon peinture à l’huile.
Les couleurs sont restituées avec justesse (même le rouge laqué du taureau que nous avons croisé, pourtant redoutable, garde son modelé). Ce n’est pas toujours le cas du ciel, qui voit son bleu boosté avec un enthousiasme que l’on trouve habituellement chez Samsung : c’est flatteur à l’œil, mais moins fidèle qu’annoncé.
Pour s’en convaincre, il suffit de shooter en RAW puis de développer le fichier sans traitement particulier : le résultat est bien plus naturel. Le capteur du module principal est donc plus doué que ce que laisse voir le JPEG. Cela peut-il changer ? Ce n’est pas impossible : une mise à jour du firmware peut venir corriger le tir une fois le lancement passé.
Ultra grand-angle : le maillon faible
L'ultra grand-angle constitue le maillon faible de l’ensemble. Qu’on ne se méprenne pas : il n’est pas mauvais, mais un cran en dessous du reste. Les images font illusion lorsqu’on les regarde sur un écran de smartphone.
Mais dès que l’on commence à examiner le résultat sur un écran informatique, on constate une certaine mollesse sur les bords ainsi que l’étirement caractéristique des ultra grand-angle. Il est accompagné d’une perte de relief des couleurs, elle aussi habituelle. OPPO se bat ici contre les implacables lois de l’optique…
Sur une même scène, là où le module principal se contente d’une sensibilité de 50 ISO, l’ultra-grand-angle grimpe à 400 ISO, ce qui génère immanquablement du bruit numérique que l’IA compense comme elle peut. Bref, un capteur de 200 Mpx ne fait pas de miracle derrière un objectif de 13 mm ouvrant à f/2,2.
Téléobjectif : le recadrage a du bon, parfois
Heureusement, le téléobjectif 3x est plus convaincant. Les couleurs produites ainsi que l’exposition sont cohérentes avec celles du module principal. Étonnamment, il est bien meilleur lorsqu’il recadre dans son capteur de 200 Mpx. Ainsi, le piqué d’une scène shootée en 6x est plus satisfaisant que ce qu’on obtient avec le zoom optique 3x. Comme quoi les 200 Mpx ont tout de même du bon ! L’image reste de très bonne tenue jusqu’à 10x, voire 20x si l’on fait preuve d’un minimum d’indulgence
Au-delà, ce n’est plus la même histoire puisque c’est AI Telescope Zoom qui prend le relais avec comme objectif de reconstituer ce que l’optique n’a pas pu enregistrer. Le résultat est à notre avis plus proche de l’illustration que de la véritable photographie. L’IA n’hésite pas à redessiner les textures qu’elle ne voit pas et à souligner les contours des objets lointains. À tel point qu’OPPO nous a d’ailleurs déconseillé de photographier des humains…
À 120x, un sujet vivant photographié en plein soleil devient méconnaissable. Certaines images en zoom 120x paraissent plus nettes qu’à 60x, ce qui est optiquement impossible… L’interface de prise de vue a l’honnêteté de signaler l’activation de la fonction et laisse la possibilité de la désactiver. Sans surprise, le résultat pique alors tout autant les yeux, mais il a au moins le mérite d’être fidèle à la réalité.
Le téléconvertisseur Hasselblad, un vrai zoom 10x à clipser
Le Find X10 Pro Max peut compter sur un accessoire : le téléconvertisseur certifié Hasselblad. Fixé sur une coque dédiée, il se place devant le téléobjectif et multiplie sa focale par 3,28. On obtient ainsi l’équivalent d’un 230 mm, soit un véritable zoom optique 10x
OPPO promet de pousser jusqu’à 20x, voire 40x, en recadrant dans le capteur de 200 Mpx. L’optique compte 13 lentilles en verre, dont trois à faible dispersion pour limiter les franges colorées. D’après nos essais, le résultat est nettement meilleur que le zoom algorithmique à focale égale.
L’accessoire a toutefois ses contraintes : il pèse 161 g et déséquilibre l’ensemble, impose un mode de prise de vue spécifique et produit des images de 12 Mpx. Il est également compatible avec le Find X10. Offert pour toute commande au lancement, il est désormais disponible pour la modique somme de 549 €…
Macro et portrait : une réussite quasi parfaite
Le téléobjectif fait aussi office de module macro et il fait du bon boulot. Sa distance de mise au point de 10 cm permet de photographier une fleur ou un insecte sans coller au sujet, ni lui faire de l’ombre. Le flou d’arrière-plan, d’origine optique, est doux et naturel. Même à main levée, en fin de journée et sans précaution particulière, on obtient des résultats tout à fait honorables. L’ultra grand-angle sait lui aussi faire de la macro (dès 4 cm), mais avec un rendu plus lissé
Le mode portrait gagne à être utilisé au téléobjectif : c’est sûrement pour cela qu’il est activé par défaut. Le résultat est de bonne tenue, le flou artificiel reste crédible quasiment tout le temps, sauf lors de notre redoutable test de la « Porte Lescot ».
De prime abord, tout semble OK jusqu’à ce qu’on remarque quelques oublis en matière de floutage. Rien de bien méchant, mais un œil averti le remarquera rapidement. Le Find X10 Pro Max est jusqu’ici le smartphone qui se tire le mieux de l’épreuve.
Précisons au passage que la taille des capteurs et la luminosité des objectifs (principal comme téléobjectif) permettent de se passer du mode portrait : le flou est alors naturel et bien plus convaincant pour les sujets rapprochés.
Et la nuit, dans tout cela ? Le module principal reste impressionnant. Le bruit est quasi invisible, les textures préservées et les sources lumineuses bien maîtrisées. Seul reproche : le traitement éclaircit parfois trop la scène, qui semble éclairée par des projecteurs. On a déjà vu cela chez certains concurrents (notamment Huawei) : l’image est alors plus lisible, mais perd en naturel.
En pratique, le téléobjectif tient la route jusqu’en zoom 3x, puis la qualité se dégrade lentement mais sûrement. Cela reste supportable jusqu’en 10x, nettement moins au-delà.
Vidéo : la panoplie du pro
Un mot sur la vidéo, pour finir. Les trois modules dorsaux filment en 4K 120 i/s et en 8K 30 i/s, avec Dolby Vision. Le mode vidéo Pro prend en charge le profil O-Log2 ainsi que l’import de LUT personnalisées, dont on peut prévisualiser le résultat en direct. Bon point aussi pour la présence du mode Open Gate, qui exploite toute la surface du capteur pour recadrer après coup. Il permet de tirer d’une même prise une version horizontale et une version verticale pour les réseaux sociaux, sans avoir à refaire la scène
OPPO annonce par ailleurs un support natif de l’app de tournage Blackmagic Camera. Si cela ne vous parle pas, ce n’est pas grave : cela veut dire que vous n’en aurez jamais besoin. Mais les pros de la vidéo risquent d’apprécier !
On l’aura compris, le Find X10 Pro Max est un excellent photophone, à condition de savoir où il excelle. Le module principal et le téléobjectif, de 1x à 10x en plein jour, sont remarquables, tandis que la macro au téléobjectif est un plus appréciable. L’ultra grand-angle, en revanche, déçoit un peu et le zoom au-delà de 20x est plus proche d’une image générée par IA que de la réalité.
OPPO Find X10 Pro Max : l’avis de Clubic
Dans le genre réussi, l'OPPO Find X10 Pro Max se pose un peu là. Sa finition est irréprochable, son écran superbe et son autonomie de deux jours le place parmi les smartphones les plus endurants du moment. En photo, le module principal et le téléobjectif font des merveilles de 1x à 10x en plein jour, et la macro au téléobjectif constitue une excellente surprise.
Le tableau n'est pas parfait pour autant. L'ultra grand-angle ne tient pas la promesse de ses 200 Mpx, le zoom au-delà de 20x relève davantage de l'illustration que de la photographie, et le traitement JPEG en fait encore un peu trop pour un smartphone qui revendique la fidélité.
Le RAW plafonné à 50 Mpx relativise lui aussi l'argument du triple 200 Mpx. Ajoutons des bloatwares envahissants, difficilement excusables à ce prix, et des fonctions d'IA parmi les plus prometteuses qui restent aux portes de l'Europe.
Reste la question du prix. À 1 799 € en 12/512 Go, le Find X10 Pro Max est 80 € moins cher que l'iPhone 18 Pro Max à capacité égale (1 879 €). Il est donc cher, très cher. Le Galaxy S26 Ultra, lancé à 1 669 € dans la même capacité en février, se négocie aujourd'hui nettement moins cher. Le Find X9 Ultra, lancé à 1 699 €, reste une alternative pertinente pour ceux qui tiennent à un véritable zoom optique 10x intégré.
Le Find X10 Pro Max s'adresse donc aux photographes exigeants qui veulent un smartphone endurant et polyvalent, et qui sauront tirer parti du RAW. Les autres, s'ils ont encore un rein à vendre, prendront tout de même du plaisir à l’utiliser : son autonomie, sa puissance de traitement et son magnifique écran font mouche.
- Écran superbe
- Autonomie de deux jours
- Module principal et téléobjectif excellents jusqu'à 10x
- Interface fluide et personnalisable
- Finition irréprochable
- Certifications IP66, IP68 et IP69
- Prix vraiment très élevé
- Ultra grand-angle en retrait par rapport aux reste
- Zoom IA au-delà de 20x pas toujours convaincant
- Bloatwares envahissants (App Market, Theme Store)
- Fonctions IA majeures absentes en Europe
Fiche technique OPPO Find X10 Pro Max
Résumé
| Taille de l'écran | 6.78 pouces |
| Taux de rafraîchissement | 120Hz |
| Mémoire interne | 512 Go |
| Mémoire vive (RAM) | 12 Go |
| Capacité de la batterie | 7150 mAh |
| Charge rapide | Oui |
| Définition du / des capteur(s) arrière | 200 Mpx ; 200 Mpx ; 200 Mpx |
Caractéristiques techniques
| Système d'exploitation | Android |
| Version du système d'exploitation | 17 |
| Surcouche Android | ColorOS 17 |
| Assistant vocal | Gemini |
Affichage
| Taille de l'écran | 6.78 pouces |
| Type d'écran | LPTO AMOLED |
| Définition de l'écran | 1272 x 2772 pxl |
| Taux de rafraîchissement | 120Hz |
| Densité de pixels | 450 ppp |
Mémoire
| Mémoire interne | 512 Go |
| Stockage extensible | Non |
Performance
| Processeur | Mediatek Dimensity 9600 Pro |
| Finesse de gravure | 0.2nm |
| Nombre de cœurs CPU | 8 |
| Fréquence CPU | 4.55GHz |
| GPU | Mali-G2-Ultra-NX |
| Mémoire vive (RAM) | 12 Go |
Batterie
| Capacité de la batterie | 7150 mAh |
| Batterie amovible | Non |
| Recharge sans-fil | Oui |
| Charge rapide | Oui |
| Puissance de la charge rapide | 80W |
Appareil Photo
| Nombre de caméras (avant & arrière) | 1 + 3 |
| Définition du / des capteur(s) arrière | 200 Mpx ; 200 Mpx ; 200 Mpx |
| Définition du / des capteur(s) avant | 50 Mpx |
| Enregistrement vidéo | 8K maxi |
| Stabilisateur caméra | Optique et Numérique |
| Flash arrière | Quad-LED |
| Taille des photosites objectifs arrière | 0,6 + 0,5 + 0,5 nm |
| Taille des photosites objectifs frontaux | 0.64 µm |
| Ouverture objectif photo arrières | f/1,5 + f/2,1 + f/2,2 |
| Ouverture objectif photo frontaux | f/2 |
| Zoom Optique | 3x |
Réseau
| Carte(s) SIM compatible(s) | Nano-SIM, eSIM |
| Compatible double SIM | Oui |
| Compatible VoLTE | Oui |
Connectivité
| Wi-Fi | Wifi 7 |
| Bluetooth | 6.2 |
| NFC | Oui |
| GPS | Oui |
| Satellite | Oui |
Equipement
| Type de connecteur | USB Type-C 3.2 |
| Lecteur biométrique à empreinte digitale | Oui |
| Capteur de reconnaissance faciale | Reconnaissance faciale 2D |
| Accéléromètre | Oui |
| Capteur de lumière ambiante | Oui |
| Prise Jack | Non |
| Nombre de haut-parleurs | 2 |
Caractéristiques physiques
| Hauteur | 161.3m |
| Largeur | 76.6mm |
| Epaisseur | 8.4mm |
| Certification IP | IP 66 + IP68 + IP69 |
Débit d’Absorption Spécifique (DAS)
| DAS tête | 0,994 W/kg |
| DAS tronc | 1,295 W/kg |
| DAS membres | 2,998 W/kg |